samedi 28 mai 2011

L'Impératrice

(L'Impératrice est un personnage récurrent de mes rêves, bien que je ne l'aie jamais rencontrée : elle est toujours absente, lointaine. Une fois j'escaladais la tour pour la rejoindre, une autre fois je gouvernais un parti d'une grande guerre qu'elle avait entièrement provoqué. Un seul rêve tournait vraiment autour d'elle : elle pleurait, absente bien sûr, et on cherchait ce qui pouvait la consoler : paix mondiale, sacrifices sanglants, effigies honorifiques, etc. C'est donc un personnage exclusivement factuel, et à l'image de l'absolu.)
 
Je ne te vois pas, absente sur ton trône de vent. Ta chair est d'or, mais tu rayonnes tant qu'on ne voit que du blanc. Si blanche ta peau, si blanche, que sa couleur est étrangère à nos yeux. Ta bouche est le Graal, et le sang qu'il contient goutte plus pur qu'une eau sans atome.

Tes gestes sont musique : tu touches la ligne et tu la courbes à ta guise, en silence, sans recours aux sons, parce que si ta gorge vibrait, si ta langue parlait, tous les dieux fondraient en ton néant, convertis en ta beauté.

Ta musique est un sceau rempli de lumière et d'anti-lumière versé dans un cœur, elle est tous les contraires qui soit, et l'absolu qui les unis tous.

Alors tu te tais, et tu bouges à peine. Nul ne te voit ni t'entend. Et pourtant tu règnes sur le monde, tu donnes le hurlement aux nouveaux-nés, tu gouvernes vie et guerres avec justesse afin que soit maintenu le parfait équilibre du chaos, partout en mouvement, et en somme immobile.

Ave Maria, Astarte, Juno, Boudou-Boudou  Cacahuète et Tralala2-3-4! Et que ton murmure emplisse mon âme.

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